Mon église est-elle saine, à tendance sectaire, ou une secte ? Ai-je subi une emprise ou un abus spirituel ? 54 questions, réparties en sept domaines, à la lumière de la Bible.
Un outil, pas un verdict. La grille met en lumière des signaux. Elle ne remplace ni la prière, ni l'avis d'une personne de confiance extérieure au groupe, ni une démarche juridique.
Comment répondre : pensez à ce que vous avez observé concrètement ces deux dernières années, pas à ce que le groupe dit de lui-même. Répondez « Je ne sais pas » plutôt que de deviner.
Exemple fictif chargé : ces réponses ne sont pas les vôtres et ne sont pas comptées. Cliquez « Tout effacer » pour commencer.
Il n'y a pas de nombre magique de réponses. Un seul fait grave peut suffire, alors que dix « Un peu » peuvent peser moins. Voici des repères concrets.
En cas de danger immédiat : 112. Enfant en danger (France) : 119.
Pouvez-vous dire ouvertement « J'ai des doutes, je prends du recul pendant un mois » sans être puni, isolé ou menacé ? Si la réponse est non, vous avez déjà votre réponse. « C'est pour la liberté que Christ nous a libérés » (Ga 5,1).
Les liens s'ouvrent dans un nouvel onglet, sans transmettre l'adresse de cette page. La Miviludes et la plupart de ces organismes sont laïcs : ils évaluent les pratiques, pas la foi.
Deux axes distincts. La grille sépare la doctrine (ce que le groupe enseigne) et le fonctionnement (comment il exerce le pouvoir sur les personnes). Une église peut avoir une doctrine orthodoxe et un fonctionnement abusif : c'est la « dérive sectaire ». À l'inverse, un groupe hétérodoxe n'est pas forcément manipulateur. On ne parle de secte au sens plein que lorsque les deux se cumulent, ou quand l'emprise est massive.
Les dons spirituels ne sont pas en cause. Les questions visent ce qui prend la place de Christ ou fait taire le discernement, pas la prophétie, la guérison ou la louange expressive en elles-mêmes (1 Co 14 : « que tout se fasse avec ordre »).
Une église exigeante n'est pas une secte. La discipline d'église existe (Mt 18,15-17), à condition d'être progressive, transparente et orientée vers la restauration. Une blessure isolée, un pasteur maladroit ou un désaccord doctrinal secondaire ne font pas une dérive.
Méfiez-vous de vos propres biais. Une personne en colère peut tout noircir. Une personne encore sous emprise peut tout minimiser. Si possible, refaites la grille quelques semaines plus tard, ou avec un proche qui connaît le groupe.
Attention à la parole publique. Qualifier publiquement un groupe nommé de « secte » sans preuves documentées expose à des poursuites pour diffamation. Gardez des écrits, des dates, des témoignages.
Calcul. Chaque réponse vaut 0 (Non), 1 (Un peu), 2 (Souvent) ou 3 (Oui, nettement). Pour chaque domaine, le score est la moyenne en pourcentage du maximum, sans compter les « Je ne sais pas ». Le fonctionnement correspond à la moyenne des domaines 2 à 6. Exception : la question 5.1 (accueil chaleureux) est multipliée par un facteur compris entre 0 et 1, calculé d'après les autres réponses du domaine 5 (la question 5.2 compte double). Un bon accueil sans autre signal ne pèse donc rien ; elle n'est pas comptée si aucune autre question du domaine 5 n'a de réponse. Seuils : moins de 15 % sain ; 15 à 35 % vigilance ; 35 à 60 % tendance sectaire ; plus de 60 % fonctionnement sectaire. Doctrine : moins de 20 % conforme ; 20 à 45 % déviations ; plus de 45 % hétérodoxie grave. Vécu : moins de 20 % peu d'indices ; 20 à 45 % blessures probables ; plus de 45 % emprise probable. Ces seuils sont indicatifs et n'ont pas été validés par une étude scientifique.
Sources. D. Morissette, Libre enfin libre (2022). D. Seamands, La guérison des souvenirs (1991). W. Kirwan, Les fondements bibliques de la relation d'aide (1988). T. Keller, Les idoles du cœur (2012). S. Hauerwas et W. Willimon, Étrangers dans la cité. R.J. Lifton, Thought Reform and the Psychology of Totalism (1961), et ses huit critères de l'emprise. S. Hassan, modèle BITE (contrôle du comportement, de l'information, de la pensée, des émotions). D. Johnson et J. VanVonderen, The Subtle Power of Spiritual Abuse (1991). R. Enroth, Churches That Abuse (1992). L. Oakley et K. Kinmond, Breaking the Silence on Spiritual Abuse (2013). Critères de dérive sectaire de la Miviludes (déstabilisation mentale, exigences financières, rupture avec l'environnement d'origine, atteintes à l'intégrité physique, embrigadement des enfants, etc.).